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Nos lycéens au cinéma

mardi 13 février 2018, par C. Dorize     
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Le dispositif Lycéens au Cinéma est reconduit cette année, après une pause d’une année, pour les deux terminales ES.
Après la première projection (Le Dictateur de Chaplin, le mardi 12 décembre), les élèves se sont retrouvés vendredi 12 janvier 2018 face à un programme de cinq courts métrages « Nouvelles Vagues », tous issus de ou relatifs à la « nouvelle vague  », nom donné à la fois à la jeunesse des années 50 en France et à une « certaine tendance du cinéma français » (selon la revue Les Cahiers du Cinéma) qui a consacré, entre autres, des réalisateurs comme François Truffaut, Jean-Luc Godard, Eric Rohmer, ou Claude Chabrol.
Les élèves ont, pour l’occasion, mis leurs pas dans ceux de certains de ces auteurs qui, avant de passer derrière la caméra, ont exercé leurs talents comme critiques de cinéma.
Voici un échantillon des critiques de ces cinq oeuvres, par les élèves eux-mêmes.

Il fait beau dans la plus belle ville du monde : par cette comédie dramatique française de 12 mn, réalisée en 2008, Valérie Donzelli débute une carrière d’actrice en interprétant elle-même le rôle principal. Et pour la simple et bonne raison que ce court-métrage est un cadeau que Valérie Donzelli dédie à sa fille, Rébécca, qui naîtra très prochainement : la réalisatrice souhaitait que sa fille ait l’occasion de voir sa mère enceinte d’elle. (Alexandra). Elle nous livre donc une rencontre entre Adèle et Vidal. Vidal est musicien, Adèle une de ses fans. Chaussures rouges et robe verte à la bretelle plus que tombante viennent contraster avec les couleurs froides de Paris. Rencontre plus qu’atypique et pleine de surprises. Les séquences sont magnifiquement réalisées : le grain d’une caméra 35mm fait toujours son effet, les faux raccords donnent un charme insoupçonné au grotesque de la rencontre et aux plan où l’image ne suit pas le son. Le format 1.66, qui était un standard européen propre à la nouvelle vague, fait réapparaitre une certaine nostalgie d’un temps révolu, là où aujourd’hui, le standard américain (1.85) prime. (Sandie-Lidia).

Les veuves de quinze ans est un court métrage en noir et blanc de Jean Rouch, un réalisateur et scénariste français, sorti en 1965. L’histoire parle de deux adolescentes qui se demandent si l’amour et le bonheur existent vraiment. La plus âgée des adolescentes n’est pas sérieuse, elle pense que le bonheur s’atteint en faisant comme les autres, tandis que l’autre adolescente pense autrement que les jeunes de son âge : au lieu de « s’amuser » elle lit des livres et aime citer. (Aïchatou). Ce court montre la réalité de l’amour qui n’est que souffrance et illusions. On finit toujours par souffrir en amour et par faire souffrir ceux qui nous entourent. Dans une époque où tout est artifice, le film fait tomber le rideau et nous livre la vie telle qu’elle est vraiment et non comme on espèrerait qu’elle soit (Adélie). Le titre donne envie de voir le film, car on se pose des questions : comment peut-on être veuve à quinze ans ? (Aïchatou)

Mes copains : Louis Garrel, né en 1983, est un réalisateur et scénariste connu comme acteur de cinéma pour les films de Christophe Honoré et de son père. Le court métrage, d’une durée de 26 mn, présente la vie amoureuse et familiale compliquée et fragile de trois copains qui sont en réalité les copains de Louis Garrel à 24 ans. Il réussit à nous montrer la vraie relation qu’il entretenait avec ses copains et joue beaucoup sur l’aspect du miroir : une fille prend le rôle d’un garçon et est le reflet de ces trois copains, un garçon qui a des difficultés familiales et qui se cherche à travers les autres... (Coralie)

C’est en interprétant et reproduisant des conversations du quotidien que Sophie Letourneur réalise La tête dans le vide en 2004, un court métrage de 10 mn. Guillemette demande conseil à ses amies, Sophie et Alice car elle ne sait pas comment agir avec son petit ami, fuyant, qui rentre de vacances. Ce court métrage est d’une authenticité particulière : l’image et les sont ne sont pas d’excellente qualité de par le fait que la vie n’est pas parfaite, elle-même. Les personnages se coupent la parole, ne s’écoutent pas vraiment, concentrées sur leurs propres ressentis, parlent avec un langage familier, avachies sur un canapé où elle mangent avec les doigts en étant saoules... Les conversations sont « brouillons ». Ce court métrage est du genre à vous laisser curieux, et montre que les simples conversations échangées peuvent intégrer une oeuvre dans le cinéma. Quant à l’explication du titre, je vous laisse le loisir de voir le film pour le découvrir ! (Léonor)

Tous les garçons s’appellent Patrick ou parfois nommé Charlotte et Véronique est un court métrage plutôt comique de Jean-Luc Godard, sorti en 1957, avec des images en noir et blanc, tourné à Paris. (Laure) Ce court métrage écrit par Eric Rohmer raconte l’histoire de deux étudiantes qui se donnent rendez-vous au jardin du Luxembourg. Charlotte arrive la première, s’impatiente et se fait courtiser par un certain Patrick qui l’invite à boire un verre. Charlotte à peine partie, Véronique arrive et se fait aborder par le même Patrick qui lui tient le même discours. De retour chez elles, les deux filles évoquent leurs rencontres respectives. Le film évoque le côté « don Juan » que peuvent avoir certains hommes à l’égard des filles. Le but est de faire rire le spectateur tout en le faisant réfléchir, selon l’usage que faisait Molière au théâtre du fameux « Costigat ridendo mores » (« corriger les moeurs par le rire »). Avec un peu de recul, on comprend que le titre laisse entendre que dans la vraie vie également, tous les hommes sont les mêmes. (Julie). On voit d’un autre côté la crédulité des filles, qui, malgré le prénom du jeune homme, ne se rendent compte de rien et qui demeurent insouciantes jusqu’à la fin. (Clotilde).